22 juillet 2013

La ferme de Marie

Cet été je profite d'un séjour en Californie pour ajouter une expérience "internationale" à celles de mes wwoofings en France.
Quand mes enfants m’ont laissé à Marie’s Farm, à quelques kilomètres de Pescadéro à une centaine de kilomètres au sud de San Fransisco j’ai lu dans leur yeux … comme une inquiétude. Avec le recul je peux les comprendre, nous avions été accueillis par un mec au regard hagard devant une sorte de dortoir ouvert aux quatre vents devant lequel semblait dormir à même le sol dans la poussière un autre personnage. 
J’ai vite rencontré le maître des lieux, Lance Storm, Captain Storm pour les intimes. Il semble avoir peu de temps à m’accorder car il teste dans sa grange un élément de son moteur Free Energy. Assez rapidement il me demande si je crois aux Aliens … ma réponse négative le surprend. Je le laisse à ses expérimentations et je pars découvrir le domaine.
Une pépite potentielle pour faire la permaculture : des sols qui semblent de bonne qualité, une source à disposition avec d’énormes réservoirs, des terrains bordés par une forêt, du matériel agricole en tous genres … mais on peut considérer que le lieu est à l’abandon (des plants de tomate cerise ont été oubliés en plein champs et sont en train de crever, les nombreuses poules ne pondent plus mais par contre viennent manger le peu de légumes qui ont été plantés, les champs semblent peu cultivés). Un lieu un peu fantomatique qui néanmoins respire une certaine poésie avec pour totem cet immense arbre majestueux à l’entrée du domaine, cette collection de vieux pick-ups d’un autre temps et ces deux sculptures métalliques de mammouths et dinosaures en plein champs. 
Les bâtiments sont à l’avenant. Le dortoir est infâme mais j’ai la chance de bénéficier du luxe suprême : un matelas. La pièce à vivre est du même acabit, vaisselle sale et nourriture traînent un peu partout. Un bébé chèvre se prélasse sur un vieux tapis et deux autres … participants Ocean et Soul ont l’air tout aussi réveillés que les autres déjà rencontrés et se morfondent dans de vieux fauteuils défoncés.
Captain Storm est de retour et me propose d’écouter le Ministre de la Défense du Canada avouer que les Aliens existent. Sur ces entrefaits je rencontre dans la cuisine (au feu de bois avec récupération de chaleur pour la douche) deux français peu polyglottes qui me racontent leur surprise et déception à leur arrivée dans les lieux mais qu'ils sont restés scotchés là faute d’argent et d’énergie pour repartir en quête d’un autre lieu. Ils me confirment que la réalité de cette ferme ne correspond pas à celle présentée sur le site WWOOF USA. 
Nous partons tous néanmoins, en cette fin de journée, replanter une rangée de mini-plants de salades, haricots, oignons, concombre, … à un rythme … plus que tranquille. 
Après m’être sustenté d’une salade maison et de quinoa cuit au feu de bois, les deux autres froggies me propose …un verre de Ricard de la bouteille qu’ils ont amenée de France. Ce petit verre me ragaillardi comme le pop corn que l’on fera exploser sur le piano. Mais ma décision est prise, je repars demain matin à la première heure en stop, une aventure dans l’aventure qui m’aura apporté humainement bien plus que cette erreur de casting. 
Bref, je suis bien évidemment déçu. Je me suis demandé un moment si je n’aurais pas du donner un peu de temps au temps ou si je n’avais pas échoué dans  le lâcher prise que je vante si souvent, … Mes expériences françaises de wwoofing me font penser qu’on était quand même ici dans la 3ème dimension ;(

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